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Quand vacances riment avec pas de chance

Il était une fois, un petit garçon de six ans qui voulait donner un petit air de nouveauté à ses vacances d’hiver. Sportif mais pas casse cou, il avait jusqu’à présent évité les blessures pendant les matchs, entrainements et jeux divers auxquels il participait régulièrement. Par un lundi après midi de février pluvieux, la chance s’est décidée à aller voir ailleurs et ce petit garçon a connu son premier vrai gros bobo. Pour la petite histoire, ce lundi marquait symboliquement le premier jours de vacances et la première découverte du centre de loisirs en période de congé scolaire.

Pour pimenter ses vacances et notre semaine de travail où très peu de répit nous était permis, la malchance s’en est mêlée en plaçant sur la route du petit nez de notre fiston le coude fichtrement costaud d’un grand de CE1 (sic). Ceci au cours d’une partie de hockey en gymnase, pour laquelle j’imagine bien Adil jouer des coudes des pieds et des mains pour en être. Le coup de coude donné accidentellement et sans intention de blesser a laissé notre bonhomme sur le carreau. Nez et lèvres en sang, grosse peur donc gros pleurs, il a mis du temps à se calmer. Ne pouvant lui donner aucun médicament, le personnel du centre lui a mis de la glace pour faire diminuer l’hématome. Et le responsable du centre m’a appelée pour me dire ne vous inquiétez pas Madame rien de grave mais Adil s’est blessé, il a un peu saigné du nez et de la bouche et maintenant ça va il joue avec les copains.

bobonez - 1À mon arrivée au centre le soir, j’ai retrouvé mon fiston légèrement défiguré. Son nez était gonflé, épaté et bien marqué. Sa lèvre supérieure était tout autant gonflée que son nez, lui donnant un air boudeur qui prêtait à sourire un petit peu. Il m’a raconté son aventure, m’a expliqué que le garçon n’avait pas fait exprès et qu’il s’était beaucoup excusé. Il m’a aussi raconté qu’un autre garçon qu’il ne connaissait pas car il venait d’une autre école s’était moqué de lui et lui avait dit bien fait ! À cet instant une boule de haine a envahi mon coeur de Maman. Quel sinistre petit morveux pouvait être aussi méchant envers mon petit blessé, comme ça, gratuitement ? Il ne perd rien pour attendre celui là.

De retour à la maison, je lui ai donné une dose d’Arnica en granules, même après coup ça ne fait pas de mal. Et plus je le regardais moins je le reconnaissais. J’ai la chance d’avoir une amie voisine qui est infirmière, je lui ai demandé son avis. Elle m’a conseillé d’aller voir un médecin parce qu’elle trouvait que l’hématome était quand même costaud et qu’il valait mieux vérifier l’état du nez. Le cabinet médical d’en face reçoit les patients jusqu’à 19h, il était 18h50, bingo. Cette amie en or m’a également proposé de garder les Terrible Twins, sans aucune crainte. Avec un Papa toujours au travail cette proposition je ne pouvais la refuser. Me voilà donc partie avec mon petit boxeur chez le docteur. Salle d’attente comble, nous sommes passés les derniers au bout d’une heure et vingt minutes d’attente. Diagnostic rapide, ça pouvait être une fracture, il faudra faire une radio dès le lendemain, en urgence. De retour à la maison, Adil s’est endormi sans manger sur le canapé, pendant que son frère et sa soeur donnaient une énième représentation des Jumeaux n’ont pas sommeil.

bobonezLe lendemain, coup de chance, le cabinet de radiologie à deux pas de la maison accepte de nous prendre dès l’ouverture. Radio faite en deux minutes chrono puis explications du cliché. La cloison nasale n’est pas déplacée, ouf. Mais il n’est pas impossible que l’os propre du nez (on enrichit son vocabulaire médical quand les enfants sont malades ou blessés) soit légèrement fêlé. Difficile d’en être convaincu en regardant les radios. Le traitement sera donc celui par le docteur de la veille, Arnigel, désinfection des plaies sur les lèvres et paracétamol en cas de douleur.

Le plus difficile pour Adil, après la douleur du choc (Maman, c’est la pire pire pire blessure de toute ma vie) a été d’entendre par la radiologue qu’il ne pourrait pas jouer aux jeux de ballons pendant plusieurs jours. Son monde s’est un peu écroulé. Chacun ses priorités, lui ne pense qu’à jouer au foot et moi j’aimerais être sure qu’il retrouve son visage aux traits si fins d’avant. Il a voulu retourner au centre dès le lendemain après midi et s’est beaucoup amusé avec des perles à repasser. Les animateurs lui ont promis qu’ils organiseraient un autre tournoi de foot aux prochaines vacances.

C’est sa première grosse blessure et je le trouve bien courageux. Tout le monde me dit que l’école des grands c’est l’école de la vie pour ça. Je ne suis habituée à ça, pas encore. Je ne sais pas si on s’habitue à ça d’ailleurs.

8 thoughts on “Quand vacances riment avec pas de chance

  1. Quel regard charmeur quand même ton fiston !
    C’est vrai que c’est toujours impressionnant les bobos de nos enfants.
    Je me rappelle quand mon grand est tombé tête la première sur le lave-mains dans les WC. Arcade sourcilière explosée. Ca pissait le sang partout. Et moi le sang, j’y arrive pas. Le popo en tout genre et le vomi, ça me fait pas peur, mais le sang… je défaille (oui je suis mal barrée avec 4 garçons à la maison !). Le papa est rentré illico (vive le boulot à 10min!) pour l’emmener aux urgences pour faire poser des points (car pas possible de mettre autre chose vu comme c’était ouvert)
    Bref… j’espère que ton fiston pourra refaire des jeux de ballons très vite !

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